mardi 30 octobre 2012

MAMMA MIA, FANTASTICO !



La Basilicatta
La route qui nous emmène chez des couch surfers à Pisticci est assez hallucinante. Ça rappelle le vide de la Lozère mais en beaucoup plus sec, des villages de l’ardèche mais en plus blanc et plus argileux. On se croirait vraiment sur une autre planète ou même sur la lune quand la végétation est complètement inexistante. Il n’y a personne sur la route, il fait beau, on écoute Boikot, c’est cool ! 
On commence par visiter Pisticci, très belle petite ville de maisons blanches perchée dans les nuages. Ici, c’est vraiment différent de tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. Les paysages sont presque lunaires, les cultures de blé à cette époque de l’année ne sont que terres asséchées, et l’architecture est également différente, plus méditerranéenne, c’est l’Europe du sud.
PISTICCI
On retrouve nos hôtes non pas à Pisticci mais à Marconia,  quelques kilomètres plus loin. Il est 20h, le contact avec Gabriele et Rosella (qui parle parfaitement français) est tout de suite très facile, c’est parti pour les bières ! On discute de tout et de rien, on fait connaissance, ça fait du bien tout ça après la semaine à Bagnoli ! On fait durer le plaisir jusqu’à tard dans la nuit, et après une petite pizza on va chez eux s’installer, découvrir leur bel appart’ avec son immense terrasse plein de plantes exotiques. On finit la soirée Dé-boi-tés. Ça commence fort !
Le lendemain matin, alors que Gabriele est au boulot (passionné par la mer, il travaille dans la biologie marine à Torento), Rosella et deux amies à elle nous emmènent voir le village fantôme  (suite à un tremblement de terre dans les années 60) de Craco. Toujours des paysages désertiques hallucinants et le village l’est tout autant, malheureusement on ne peut pas y rentrer pour voir les maisons de près.
Rossella, Gabriele, et JB !
Après une bonne bouffe, on récolte les olives dans la cours de l’immeuble pour les mettre à mariner dans de l’eau salée, on repart avec une petite réserve, à déguster dans 8 mois.  Une fois le dîner terminé aux alentours de 23h, et malgré la fatigue, on ressort boire quelques verres en ville pour la forme avant de se foutre au pieu pour un gros dodo. Ma foi, une bonne journée bien cool et réparatrice car cette fois nous pouvons prendre des douches et nous remplir allégrement la panse ! Gabriele et Rosella aiment leur région et la bonne bouffe, et ils prennent plaisir à nous faire partager tout ça.
Le samedi, malgré la pluie, nous partons avec un pote à eux pêcher en mer, le grand kif de Gabriele. Le ciel se découvre un peu, on prend le temps de récupérer des chapeaux et un ballon dans le camion-bar-snack de la plage qui, après la saison, laisse juste TOUT en plan, et servez-vous les amis. C’est ce qu’on appelle un commerce de façade ! Ensuite, ben, on s’y met, on s’y jette quoi, 1h30 pour repartir évidemment bredouilles à cause de la mer trop agitée. Dommage, un petit loup de mer frais c’eut été de la balle.
 On se contentera de Risotto pour midi, avec un thon frais aux tomates et aux câpres. Miam !Nous gardons la recette pour la refaire aux amateurs en France. L’après-midi est déjà bien entamée quand on se décide à préparer la soirée, à savoir barbecue sur la terrasse, au menu : steak de cheval pour tout le monde. Bon… On part faire les courses, notamment dans une boucherie spécialisé dans la viande d’équidé.

Camille en mode marin

                
Vers 22h les gens commencent à arriver, et toujours malgré la pluie (pas bien méchante) et le vent (un peu plus méchant), on fait cuire puis on déguste ces steaks de cheval, très bons à vrai dire, même si c’est une peu sec, le pays roi de la sauce manque de mayo et ketchup lors d’un bon barbecue ! On continue avec du foie d’agneau enrobé dans les boyaux de la bête, de la Bruschetta (pain grillé tartiné de tomates/aïl/câpres/origan) puis du streak haché de cheval roulé aux épinards et au jambon. Le tout arrosé de Raffo, LA bière locale et faites gaffe à pas commander autre chose sinon ça va chier. En Italie chaque région à sa bière, son dialecte, son club de foot, et tout ça c’est du sérieux ! Ce qui nous impressionne aussi c’est leur musique traditionnelle, ils y tiennent beaucoup, ils nous racontent la légende de celle de Basilicata, c’est folklorique avec du tambourin et un chant énergique ! Bon, on passe encore une très agréable soirée, les gens sont cools et on a bouffé du cheval, quand on est sur la route il faut découvrir, donc tant pis pour les scrupules.
Le dimanche on se lève tôt pour aller visiter Mattera, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son centre ancien et ses maisons troglodytes (voire des grottes en dehors de la ville !), impressionnant. Il faut savoir que les gens vivaient là dedans jusque dans les années 50 avant que le gouvernement ne se dise que les gens de la Basilicatta étaient vraiment trop arriérés et qu’il fallait faire quelque chose.
Puis on rentre, on mange, et c’est déjà l’heure des adieux. Nous partons au bord de la mer direction Lecce où un autre couch surfeur nous attend. Ça fait un mois qu’on est partis.









J’ai abrégé parce que ça fait déjà un long post sans doute un peu chiant à lire, mais notre week end en Basilicatta avec Rosella et Gabriele aura été vraiment cool, on a découvert PLEIIIIIIN d’trucs, que ce soit sur la langue italienne et tous les dialectes régionaux, sur l’Italie, sur la Basilicatta, la musique, la bouffe, la nature, le folklore, vraiment, c’était dense. Merci à eux !  

Anecdote : Nous voulions expliquer à Gabriele, le mot pouffiasse, donc nous lui disons que c'est une fille superficielle.... et quelques minutes plus tard il nous dit : " una super fiasse!", comme ça dans la conversation! On garde, cela fera maintenant parti de notre vocabulaire français, c'est tellement bien résumé! 

jeudi 25 octobre 2012

Bagnoli


     Dans l’attente des pièces, on s’apprête à passer une semaine à Bagnoli. Mieux vaut donc trouver des copains. Pour ça, une méthode efficace à 90% : prendre une guitare, et une bonne cuite à la pré-fête de la châtaigne du bled. Dégustation de vin bien classe avec de bons pinards locaux, concert de musique celtique, c’est sympa comme tout. On finit avec les traignos de Bagnoli sur la place autour du feu en chantant comme il se doit « Huroo Huroo » et « Cayenne ». Nous rencontrons Fransesco et Pasquale qui nous donnent rendez-vous pour le lendemain matin. On finit au Wolf-Pub où on trouve même peut être une journée de boulot : les châtaignes à ramasser !
    Du coup le dimanche est un peu… difficile, disons. On va à notre rendez-vous et nous prenons l’une des douches les plus agréables de toute notre existence chez Pasquale. Sa maison : un concentré d’Italie avec la mama tout en noir qui habite avec lui, des photos de famille dans des cadres kitchs au possible, des saintes vierges et des Jésus.
On retourne également au Wolf Pub pour s’assurer qu’on n’a pas rêvé et qu’on nous a bien proposé une journée de ramassage des châtaignes. Rendez-vous est pris pour le mardi matin, 7h30, si tout va bien.
Pasquale sur son balcon
Les jours commencent à devenir vraiment longs à partir du lundi : on s’occupe comme on peut en lisant, en allant sur internet (ces derniers temps le PC est notre meilleur ami) et au bar. Mais on se  dit qu’il n’y en a plus que pour un ou deux jours et que l’on occupera sûrement une journée en ramassant les châtaignes. Mais une mauvaise nouvelle nous mine un peu plus le moral quand le gars finit par nous appeler pour annuler la journée de boulot ; apparemment c’est une mauvaise année, il y en a très peu à ramasser.
Le mardi est interminable : promenade et lecture, heureusement un autre Fransesco nous invite chez lui  pour une douche, une machine à laver (ouf !) et nous passons un agréable moment à discuter dans ce petit appartement. On s’autorise un petit extra en mangeant un hamburger au Wolf pub, et au lit.
Actuellement on remet en cause notre itinéraire en conséquence de l’attentat à Beyrouth. Rien n’est joué mais nous réfléchissons à une solution de repli, même si ça ne nous réjouit pas du tout.
Heureusement, toujours sous un magnifique ciel bleu, les pièces arrivent le mercredi matin. Le camion est donc réparé dans l’après-midi, et nous sommes très heureux de reprendre la route pour Pisticci ! Mais il est déjà tard quand nous partons, la nuit nous surprend et nous faisons donc une étape dans un bled dont on a oublié le nom.

  On est resté une semaine à Bagnoli, c’était un peu long mais ça nous a remis droit niveau budget car on n’a vraiment pas dépensé beaucoup, même la main d’œuvre au garage était bon marché. Quelques rencontres sympas, mais on peut pas dire que l’hospitalité soit la plus grande vertu des gens d’ici.

vendredi 19 octobre 2012

De Rome vers le Sud


On part tôt de chez Elida le mardi matin. On roule toute la journée vers le Sud et la côte, on fait bien 200 km avant de s’arrêter à Sperlonga, 100 bornes au nord de Naples. On voulait trouver un bon spot tranquille, mais à force de rouler une heure dans le vent pour rien, on se pose dans un parking où il n’y a personne en décidant de reprendre la route dès le lendemain pour aller toujours plus au Sud, mais dans les terres parce que le bord de mer c’est vraiment pas top pour squatter tranquille. On se rend compte que ce qui troue le portefeuille c’est l’essence (1,90€ le litre de sans plomb en Italie) et que les détours pour trouver une laverie ou un squatt peinard nous font perdre trop d’argent.
Sur la route autour de Naples, un mec nous double en nous montrant une carte de police et en nous faisant signe de nous arrêter, comme dans les films américains. On s’exécute, gentils citoyens que nous sommes. Un mec en costard et lunettes de soleil se pointe, nous dit qu’il est de la criminelle et qu’il cherche un couple de français en van pour trafic de coke et de fausse monnaie. On n’a rien à se reprocher, mais on se demande s’il est flic ou truand… il regarde vite fait mon passeport, ce qu’on a dans le portefeuille en disant « non c’est bon c’est des vrais billets » et « faites attention à Naples si on vous dit de vous arrêter ne le faites jamais, tracez et allez chez les flics ». Il repart sans rien prendre (encore heureux), mais en nous laissant une bonne flipette. Peu après sur une aire d’autoroute, on prend renseignements auprès de keufs qui passent par là, verdict : « non, c’était pas un policier, c’était bien un voleur ». Hum. Welcome to Napoli !! On décide de mettre de la distance entre cette ville et nous, on trace direction un lac à la montagne.
Arrivés à destination, le camion fait un bruit bizarre, genre un cheval qui trotte. En se rendant compte que ce n’est pas un lac qui nous attend mais une flaque d’eau, entourés de moutons et de vaches en liberté, on se décide à redescendre au village le plus proche. On y restera en fait plusieurs jours.
On regarde le camion, Camille à la brillante idée de regarder la boîte de vitesse et la barre stabilisatrice, aucun doute : il y a du jeu au niveau des cardans. Coup de bol, on est garés devant un garage, on lui explique, le mec est cool et équipé (il a un pont). On prend renseignement auprès de Jean-François de Cassis, on regarde les diverses solutions qui s’offrent à nous, et le lendemain (jeudi 18) le garagiste trouve une paire de cardans pour 340€ (sans la pose). Sur un site spécial combi VW, on trouve (toujours grâce à JF !) les 4 noix de cardans pour 180€, ça fait une bonne économie. On décide donc de commander nous-mêmes les pièces, ce qui nous coince ici pour… un certain temps, celui de la livraison.
Nous sommes donc ici à Bagnoli, gros bourg dans la montagne du Sud de l’Italie. Les villages complètement paumés c’est bien mais il n’y a absolument rien qui ressemble à une laverie ou à un camping. On est crades (pas de douche depuis plusieurs jours, pas de machine depuis encore plus). Apres avoir été au bar pour tenter de rencontrer des jeunes sympas, nous nous dirigeons vers l’office du tourisme. La dame est super sympa et fait des pieds et des mains pour finalement nous proposer d’aller se laver dans les bidets du couvent du coin…On décide donc d’aller repérer un coin dans la forêt pour utiliser notre douche solaire, cadeau d’Hervé et Marion. Pour le linge, on verra plus tard.
Donc c’est un peu la merde, certes, mais il faut voir ce qui est positif : on a trouvé un garagiste très sympa, et il fait super beau depuis 3 jours, un ciel bleu sans le moindre nuage, et les bières ici sont à 1€ !
Jeudi soir, on a traîné un peu dans le village pour assister à un spectacle inédit : ici les vieux se retrouvent sur la place qui doit faire, allez, au moins 30 mètres de long, et l’arpentent de long en large en discutant… aller… retour… aller… retour… ma foi, c’est curieux. 









mardi 16 octobre 2012

ROME


On prépare nos affaires en 2 minutes chez Elida (du coup on a oubli  plein de trucs, évidemment : plan et guide de Rome, chargeur appareil photo), puis on arrive au squatt de Torre Maura vers 1h15 du matin, le concert bat son plein, il y a bien 200 personnes ! Le lieu est immense, plein de très grandes pièces, avec bar, salle de concert, chambres, bibliothèque, friperie.  A peine arrivée Camille sort l’appareil photo et se fait sauter dessus par 4 personnes : « Pas de photos ici, on veut pas être sur ton PC ni sur ton facebook ! » ça peut sembler extrême comme réaction, mais dans des milieux politisés et pas toujours pacifistes, ça se comprend.
Bref, on discute quand même avec tout un tas de gens, et surtout le groupe principal de la soirée est génial : Hobophobic ça s’appelle (oui, comme le morceau de NOFX), Hardcore mélodique avec de gros chœurs comme on l’aime, en italien s’il vous plaît. Les gens sont à fond, très bonne ambiance.
A la fin du concert on achète le skeud (of course) j’essaie de discuter avec l’excellent batteur mais il parle pas anglais, donc dur dur, on traîne au bar, on cause entre nous ou avec d’autres, c’est coooool !!! ça dure jusqu’à 4 heures du matin, il ne reste plus grand monde et on nous fait comprendre à tous qu’il faut partir… heureusement, lorsqu’un punk nous voit sur le pas de la porte avec nos gros sacs il nous dit : « vous savez où dormir ? 
-          Bah non
-          Ben attendez je vais demander si vous pouvez rester ici ».
Ouf ! On nous fait rentrer, Camille demande si on va avoir un vrai lit, la meuf lui répond avec grand sourire : « Yeeeeees ». Et on passe une bonne nuit, dans le dortoir du squatt, avec une bonne douzaine d’autres dormeurs.

Au réveil, évidemment, gros mal de tête, bouche pâteuse, et nous sommes perdus dans un squatt punk de Rome sans plan de la ville. Wouh ! Tant bien que mal on parvient à gagner une place qui nous semble pas trop éloignée du centre pour un p’tit dej. J’appelle ma pote Sabira (qui était en Master 2 avec moi) et elle nous retrouve peu de temps après, avec comme nouvelle : « C’est une pote qui vous héberge, elle est partie pour le week end, vous avez sa chambre ! ». Décidément Rome nous sied bien !
Avec Sabira devant le Colisée.
On se retrouve donc au 8eme étage d’un immeuble pas mal, dans un joli appart’ habité par la pote de Sabira, Brune, avec sa copine Viola, et un autre couple de mecs, dont Andréa est le seul à rester là ce week end. On papote, puis Sabira nous emmène faire un tour des incontournables de Rome : le Colisée, le Panthéon, la Palatin, le Forum,… cool d’avoir un guide en français ! Sur les coups de 18h on est bien morts, cause grosse soirée et grosse balade dans les pattes, on rentre donc manger. Pour mieux repartir ! On retrouve Sabira et son copain Ottavio, accompagnés de quelques potes à eux, au bar chez Rosi. On vide quelques verres en discutant en langues mélangées anglais-portugais-français-italien avec tous ces braves gens, qui nous offrent ma foi un accueil 4 étoiles. On discute pas mal de politique, les pauvres italiens, Ils ont vraiment honte de Berlusconi… comme nous l’a dit Nico, notre hôte à Chiusdino : « Avant l’Italie c’était pizza et mandoline et maintenant c’est bunga-bunga ! ». 20 ans de Silvio, on s’en remet pas comme ça. Et les gens de gauche l’ont mauvaise, très mauvaise. Ils sont remontés, et les antifas ont du boulot : en Italie le parti fasciste est légal, et assez fort, cela se ressent jusque dans certains quartiers de Rome, « dominés » par les fachos. On y reviendra. Enfin, ces premières 24 heures à Rome auront été chargées, mouvementées, inoubliables, il est temps d’aller dormir.
Le lendemain (si t’as bien suivi c’est dimanche), après une grasse mat et la popotte, nous nous jetons dans Rome tous seuls comme des grands. Direction le Vatican et la place St Pierre, beaucoup de marche pour finalement pas un spectacle à couper le souffle. On se perd ensuite une bonne heure et demie, merci pour les mollets, avant de retrouver le quartier de Transtevere, très « à l’italienne ».  Après le dîner à la maison, on retrouve Sabira au bar, et quand Ottavio arrive il nous dit : « Maintenant je vous emmène dans les endroits où les touristes ne vont pas ». Il fait nuit, mais la balade vaudra le coup.
On monte dans sa caisse, première étape : un couvent. Particularité : quand on regarde par la serrure, on voit la basilique St Pierre du Vatican en perspective ! Incroyable, c’est la nuit et le Vatican est tout éclairé, on n’en revient pas tellement l’idée est originale. Deuxième étape : une des collines de Rome pour un panorama à 180° sur toute la ville. On se rend compte qu’il y a beaucoup d’églises et monuments qu’on n’a pas vus ! Troisième et dernière étape : le quartier de Mussolini. On ne le sait pas, mais toute une partie de Rome date de l’époque fasciste : immeubles blancs et carrés, tous identiques, et cerise sur le gâteau : le Colisée carré de Mussolini ! Impressionnant, déroutant, inattendu, le Rome qu’on ne connaît pas. Ensuite il est tard, il nous faut dormir pour nous remettre de nos émotions. Encore une fois, quel accueil, quelle hospitalité !
Au réveil, une bonne douche (on ne sait pas quand sera la prochaine) et on retrouve une dernière fois Sabira qui nous attends avec de magnifiques spaghettis à la sauce tomate. Après ce bon repas, on se fait nos adieux… snif snif. Nous repartons pour Vetralla où notre camion n’a pas bougé de chez Elida. Dans le tram, qu’on a pris tranquilles tout le week end, 2 arrêts avant la destination : amende. 100€ !!! Merde. Bon, il vont quand même pas venir nous chercher en France non ? On paye pas, on verra…
On va quand même voir la fontaine de Trévi avant de partir, encore une structure sacrément impressionnante, puis galère en métro, 1h30 de train, arrivée sous une pluie battante et dans la nuit. Et là, ô miracle, Elida est là ! On passe boire un coup en ville, puis on rentre, rédiger nos péripéties et pleurer parce qu’on n’avait plus de batterie sur l’appareil photo (et chargeur oublié, œuf corse), donc très peu d’images de Rome… mais des souvenirs plein la tête, c’est clair.

couch surfing à la campagne


Nous partons immédiatement en direction du village de Chiusdino où nous attend Nico, notre premier hôte de couch-surfing. Sous un vrai ciel d’octobre digne de Saint Etienne, on trouve sans trop de difficulté.  Il est environ 15h quand on arrive, en même temps que lui, qui nous suit avec son véhicule qui est, devinez quoi, je vous le donne en 1000 : Un Volkswagen transporter Westfalia de 1982 ! Pas exactement le même modèle que nous, mais très proche, avec le même moteur en tous cas. Excellent !
On arrive chez lui, une grande maison isolée dans la campagne de Toscane, et il nous met tout de suite à l’aise, c’est parti pour l’apéro.
On causera de tout et de rien jusqu’à la nuit, un bon plat de pâtes aux champignons, une bonne douche, du Chianti, tranquille. On sort même le Rikiki du Mil de Barsac ! Camille a un peu de mal avec l’anglais, mais ça va revenir ! En tous cas, on apprend plein de choses en italien.
Le lendemain, réveil matinal qui commence par un long surf sur internet pour trouver des couch-surfers dans la région de Naples et en Grèce, et aussi pour mettre un peu d’ordre dans nos affaires. On profite d’avoir de la place ! La maison que Nico partage avec ses parents (qui sont au rez-de-chaussée, lui est à l’étage) est vraiment immense, notamment un grand garage où des carcasses de 2 chevaux attendent d’être réparées. Nico quant à lui est diplômé en ingénierie des télécommunications, mais ne trouve pas de boulot (tiens donc !) et pour l’instant il fait le taxi social, pour des vieux ou des handicapés.
L’après-midi on part à pied voir l’église sans toit de San Galgano, le toit était en plomb et ils l’ont vendu pour faire des balles de fusil… drôle ! On traîne pas car l’orage menace et, à peine rentrés, la pluie repart.
Martina et Nico, Chiusdino
Ce soir on a prévu pizzeria, c’est pas trop tôt ! On passe prendre la copine de Nico, Martina, puis on va bouffer dans un autre bled dont j’ai oublié le nom. C’est la vraie campagne ici, sur le retour on croise un sanglier et une chouette, il y a même des loups dans le coin ! Ce soir encore, on les harcèle de questions sur l’italien et on progresse toujours un peu plus. Au retour on est tous crevés, il est près de minuit, tous au lit !
Et voila, le lendemain c’est le jeudi 11 octobre, il nous faut repartir ! Echange de coordonnées usuel, Ciao e grazie, et on the road again ! Cette fois direction Viterbo, pas loin de Rome, chez une autre couch-surfeuse.

La route se passe nickel, on retrouve Elida au bord de la route, car figurez-vous qu’elle aussi habite dans un trou paumé… il faut faire 3km de piste pour arriver chez elle, près de Vetralla, une maison paumée donc, où habitent aussi 3 chiens, plein de chats, une oie et 3 canards. C’est à la roots, pas d’électricité ni eau chaude, et peu après avoir dégagé un cadavre de chat en décomposition qui pourrissait dans la basse-cour, nous voila sécateur et débroussailleuse à la main pour nettoyer un peu le terrain.
Quand elle part au boulot, nous on va faire des courses et un petit tour de la ville, puis on rentre manger et se coucher dans le camion (la place qu’Elida propose aux couch-surfeurs est plus que douteuse).
Journée un peu bizarre avec un temps bizarre, Elida est sympa mais elle fait ses trucs sans vraiment nous capter, et même si nous l’avons aidée, le fait d’avoir coupé un rosier qu’on a pris pour des ronces a un peu cassé l’ambiance (le jardinage c’est pas la où on n’est les meilleurs !).
Le lendemain, vendredi 12 Octobre, on se réveille sous la pluie… Quelle merde pour le petit déj ! Bon, on se motive on prépare la bouffe en attendant notre hôte, on lave, quand elle rentre du boulot on casse la croûte, puis nous partons pour Viterbo où elle doit nous retrouver ce soir pour sortir un peu. On ne sait pas encore ce qui nous attend, mais ça va s’avérer très rock’n roll !
 On y arrive assez vite en stop, puis il nous faut marcher un bon moment pour rejoindre le centre-ville. On visite la ville, rien d’extraordinaire, On retrouve Elida vers 20h00. Elle nous emmène dans un bar où y a buffet à volonté pour les consommateurs, cool ! Puis la soirée se passe comme la veille, elle discute avec ses potes sans vraiment nous capter, bon… vers 23h elle nous dit : « bon bah je vais à Rome y a un concert dans un squatt puis une bringue dans un autre. Je pourrais vous emmener mais même moi je sais pas où dormir ». Alors on réfléchit pas trop longtemps avant de lui répondre : « Nous on doit aller à Rome pour le week end de toutes façons, des amis nous attendent là-bas, donc on vient pis on essaiera de dormir au squatt. »
C’est parti !